"ABADA-CAPOEIRA"

Spectacles à Beaufort
19, 20 et 21 juillet 2002


La Capoeira est une forme de danse-lutte créée à l'origine par les esclaves noirs pour pouvoir se protéger à mains nues contre le colonisateur dans un premier temps, contre les autorités brésiliennes dans un deuxième temps, alors que l'esclavage n'avait pas encore été aboli.

La Capoeira est un art que combine le chant, la danse, les percussions avec le jeu, ou un combat, au cours duquel les participants rivalisent d'adresse, d'élégance et malice. Étant donné ses origines, la Capoeira ne peut pas simplement être considérée comme un art martial ou une simple technique d'autodéfense. Les capoeiristes brésiliens sont intimement conscients du poids culturel que leur art véhicule, notamment au travers des chants et des traditions instrumentales. Pour eux, la Capoeira n'est pas un simple sport mais un moyen d'expression, une philosophie, un mode de vie qu'ils embrassent complètement pour exprimer leur message de fraternité et convivialité dans le Brésil d'aujourd'hui et partout dans le monde.

La Capoeira s'adresse à toute personne en bonne santé, qu'elle soit jeune ou moins jeune. Chacun y trouvera certainement plus qu'un sport habituel.

La Capoeira est une lutte, une danse, une défense personnelle, un sport, une thérapie du corps, une culture populaire, un folklore et même plus. La Capoeira c'est la musique, la poésie, la fête, le jeu, l'amusement et une forme de lutte. C'est la manifestation et l'expression d'un peuple opprimé à la recherche de survie, de liberté et de dignité.

La Capoeira est un phénomène national, c'est la synthèse de gestes et de mouvements caractérisant notre héritage africain. En considérant toutes les recherches déjà réalisées au Brésil, il y a peu d'informations académiques et historiques sur cet héritage. Par contre, grâce à la nature orale et corporelle de la Capoeira, la mémoire du peuple y est restée. Elle permet de continuer à rencontrer l'histoire du Brésil: l'esclavage, les luttes de libération des esclaves et la souffrance du peuple; de l'époque où le Brésil a été découvert jusqu'à nos jours. Tout cela nous mène aux projets de recherche de l'identité national. Cet argument acquiert plus de sens étant donné que les trente dernières années nous avons été témoins de la réapparition effective de la Capoeira sur la scène brésilienne. Surtout à Rio de Janeiro, où, accompagnée du surgissement d'Abada-Capoeira, elle est sortie du ghetto dans lequel elle était enfermée, comme héritière de la discrimination des africains et de leurs descendants, et entrée dans la Zone Sud (quartiers riches de Rio), conquérant aussi les jeunes de la classe moyenne, avant de conquérir le Monde.